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JE TE TENAIS… JE TE TENAIS

J’ai pu à nouveau visionner GRAVITY, le chef d’œuvre d’Alfonso Cuarón. Chef d’œuvre à plusieurs titres : son, photographie, rythme, jeux… Le réalisme est époustouflant.

J’ai également été frappé par ce qu’il raconte : le lâcher-prise. Il offre au spectateur une expérience directe, palpable et ressentie de la notion du lâcher-prise. Nombre d’ouvrages ont été écrit sur ce sujet. GRAVITY nous le fait comprendre non plus seulement via notre intellect mais aussi par notre ressenti, notre cœur. A lui seul, ce film vaut bien 24 heures de discours.

Une scène frappante : lorsque Matt Kowalski (Georges Clooney) choisit de se détacher de Dr Ryan Stone (Sandra Bullock) en se promettant ainsi à une mort certaine. Avant de s’élancer seul dans le vide de l’espace, il lui lance « c’est pas toi qui décide » (« It’s not up to you ») et elle, désespérée et incrédule devant cette séparation, le voyant dériver vers l’infini, elle s’essouffle en se répétant : « Je te tenais… je te tenais. »

Il faut prier comme si tout dépendait de Dieu et agir comme si tout dépendait de nous. (Saint Anselme)

Cette scène revêt un grand enseignement du lâcher-prise. Oui : nous ne décidons pas notre résultat. Nous ne pouvons pas nous fixer à l’idée que les choses devront ou devraient être ainsi. Notre seule possibilité est d’agir en fonction de ce que nous offre l’ici et maintenant vers une objectif donné.

Dans Gravity, c’est exactement cette posture qu’incarne Matt Kowalski : à chaque péripétie, il montre sa détermination à revenir à la réalité de l’ici et maintenant, à définir un objectif et une stratégie puis à se mettre en action sans délai.

A l’opposé, le Dr Ryan Stone est le portrait de la personne-type cherchant à fixer les choses autour d’elle, non pas telles qu’elles sont, mais telles qu’elle pense/veut qu’elles devraient être. Le non-lâcher-prise, c’est ça : étiqueter et bloquer une situation (un objet, une personne, une relation, une idée, une pensée) puis s’y agripper.

Au final, GRAVITY, me semble-t-il, nous fait comprendre la recette du lâcher-prise. Comme Matt Kowalsi : 1/ se déterminer à agir concrètement et sans délai, 2/ dans le cadre d’objectifs, de défis 3/ en vivant (tout au moins en revenant) au présent avec un accueil réaliste et bienveillant de toutes ses émotions et des vicissitudes de la vie.

Et puis, Matt Kowalki, nous fait toucher du doigt l’ingrédient-mystère du lâcher prise… A chaque instant, il s’émerveille devant la beauté de l’univers.

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